Ostéopathie : Foire Aux Questions 1
Quelle est la différence entre un ostéo et un kiné ? Comment fonctionne l'ostéopathie ? Quels sont les risques d'une consultation en ostéopathie ? J'ai essayé de répondre à toutes les questions générales que vous vous posez sur l'ostéopathie et les ostéopathes
Sylvain Granier
6/15/202616 min read


1. Quelle est la différence entre un ostéopathe et un kinésithérapeute ?
On me pose souvent cette question au cabinet : "Vous faites la même chose qu'un kiné, non ?" La réponse courte est non — même si les deux professions travaillent sur le corps et peuvent soulager les mêmes douleurs, elles n'ont pas les mêmes fondements, pas la même formation et pas la même façon d'aborder le patient.
La kinésithérapie : une profession paramédicale prescrite
Le kinésithérapeute (masseur-kinésithérapeute, ou MK) est un professionnel de santé paramédical. Il intervient sur prescription médicale. Sa mission principale est la rééducation fonctionnelle : après une opération, une fracture, un AVC, une pathologie respiratoire ou neurologique. Il travaille sur la récupération d'une fonction précise, souvent avec des protocoles codifiés, des exercices progressifs, des appareils de physiothérapie (ultrasons, électrostimulation, etc.).
Le kiné peut aussi traiter les douleurs musculo-squelettiques courantes (entorses, lombalgies, tendinites), et dans ce domaine les deux professions se croisent souvent.
L'ostéopathie : une approche globale sans prescription
L'ostéopathe est un professionnel de la santé reconnu par la loi française depuis 2002. Il consulte sans ordonnance. Sa philosophie repose sur une idée centrale : le corps forme un tout, et une restriction de mobilité dans une région peut engendrer des symptômes ailleurs. L'ostéopathe recherche donc la cause des symptômes et ne travaille pas uniquement là où la douleur est localisée.
En pratique, j'examine la mobilité des articulations, des fascias (les enveloppes de tissu conjonctif), des viscères et du crâne. Je travaille à la main, uniquement avec des techniques manuelles — pas d'appareils, pas d'électrothérapie.
Ce qui les distingue concrètement
Le kinésithérapeute est dans une logique de rééducation progressive et répétée (plusieurs séances sur plusieurs semaines). L'ostéopathe intervient de façon ponctuelle, souvent en une seule séance, et laisse au corps le temps d'intégrer le travail. L'ostéopathie ne remplace pas la rééducation en kinésithérapie après une opération — les deux approches sont complémentaires.
En résumé : si vous avez besoin de rééducation après une blessure ou une opération, le kiné est votre interlocuteur principal. Si vous cherchez à comprendre pourquoi votre douleur revient, pourquoi votre corps "se bloque" régulièrement, l'ostéopathie peut apporter une réponse différente et complémentaire.
2. Qu'est-ce que l'ostéopathie et comment ça fonctionne ?
L'ostéopathie est une approche thérapeutique manuelle fondée sur un principe simple mais puissant : le corps a une capacité naturelle à s'autoréguler, et cette capacité dépend en grande partie de la bonne mobilité de ses différentes structures.
Une histoire qui remonte au XIXe siècle
L'ostéopathie a été fondée aux États-Unis en 1874 par Andrew Taylor Still, un médecin américain insatisfait de la médecine conventionnelle de son époque. Il a développé l'idée que la structure du corps — os, muscles, fascias, organes — et sa fonction sont intimement liées. Perturber la structure, c'est perturber la fonction. Restaurer la mobilité, c'est permettre au corps de fonctionner à nouveau correctement.
Comment ça fonctionne ?
Votre corps est traversé de signaux permanents : nerveux, vasculaires, lymphatiques, mécaniques. Ces signaux circulent dans des structures qui doivent rester mobiles pour les conduire efficacement. Quand une zone perd sa mobilité — suite à un traumatisme, un stress prolongé, des postures maintenues, une opération, ou même une émotion — cette zone devient ce qu'on appelle en ostéopathie une "dysfonction somatique" ou une restriction de mobilité.
Une restriction, seule, peut être sans conséquence. Mais lorsqu'elles s'accumulent, le corps compense : il modifie la posture, redistribue les charges, sollicite d'autres régions à la place. C'est ce mécanisme de compensation qui finit par créer des douleurs — parfois loin de la cause initiale.
Mon travail consiste à identifier ces zones de restriction à travers un examen manuel, à les traiter avec des techniques adaptées pour restaurer la mobilité et permettre au système nerveux de retrouver un équilibre et au corps de s'auto-réguler.
Une séance, concrètement
La première consultation dure entre 45 minutes et une heure. Elle commence par un entretien : vos antécédents, vos douleurs actuelles, votre mode de vie. Puis vient l'examen postural et la palpation. Je teste la mobilité de différentes régions du corps — pas seulement là où vous avez mal.
Les techniques utilisées varient selon le patient et la situation : manipulations articulaires (avec ou sans "craquement"), techniques myofasciales (travail sur les fascias), techniques viscérales (sur les organes), techniques crâniennes. Tout se fait en douceur et avec des mouvements précis selon la région traitée.
À la fin de la séance, il est possible de ressentir une légère fatigue ou quelques courbatures. Les effets peuvent se manifester de suite ou dans les 48 à 72 heures suivant la consultation.
3. Quelle est la différence entre un ostéopathe et un chiropracteur ?
Ostéopathie et chiropraxie sont deux approches manuelles souvent confondues. Elles partagent des origines communes et une même conviction : le rôle central de la colonne vertébrale dans la santé. Mais elles diffèrent dans leur philosophie, leur étendue de pratique et leurs techniques.
Des origines proches, des voies distinctes
L'ostéopathie a été fondée en 1874 par Andrew Taylor Still. La chiropraxie a été créée vingt ans plus tard, en 1895, par Daniel David Palmer — un élève de Still qui a développé sa propre approche. Les deux disciplines sont donc "cousines", mais ont évolué séparément.
La chiropraxie : centrée sur la colonne et le système nerveux
Le chiropracteur concentre son travail principalement sur la colonne vertébrale. Sa théorie centrale est que les "subluxations vertébrales" — des malpositions ou des blocages des vertèbres — perturbent le système nerveux et donc la santé globale. La technique de référence est l'ajustement chiropratique : une manipulation vertébrale rapide et précise, souvent accompagnée d'un "craquement" caractéristique.
En France, la chiropraxie est reconnue depuis 2002. Les chiropracteurs suivent une formation de 6 ans.
L'ostéopathie : une approche globale du corps entier
L'ostéopathe travaille sur l'ensemble du corps — pas seulement la colonne. Les techniques sont beaucoup plus diversifiées : manipulation articulaire, travail sur les fascias, les viscères, le crâne, le système nerveux autonome. L'ostéopathie s'intéresse aux compensations : une douleur au genou peut venir du bassin, une douleur au dos peut être liée à un foie tendu. Cette vision globale est le cœur de la pratique.
En pratique, qu'est-ce que ça change pour vous ?
Si votre problème est principalement vertébral (cervicalgie, lombalgie mécanique, névralgie cervicobrachiale), les deux approches peuvent être efficaces. Si votre problème est plus complexe, implique des viscères, des maux de ventre chroniques, des troubles fonctionnels variés, l'ostéopathie offre un champ d'action plus large.
Dans le Gers, si vous hésitez, le mieux reste souvent de consulter les deux et de voir avec quel praticien vous êtes le plus en confiance — la relation thérapeutique compte autant que la technique.
4. Est-ce qu'un ostéopathe est un médecin ?
Non, un ostéopathe n'est pas médecin. C'est une question légitime — et il est important d'y répondre clairement, sans ambiguïté.
Le statut légal de l'ostéopathe en France
En France, l'ostéopathie est reconnue par la loi du 4 mars 2002 (dite loi "Kouchner"). Cette loi a officialisé le titre d'ostéopathe et défini un cadre réglementaire strict. Depuis, les ostéopathes doivent être diplômés d'une école agréée par le ministère de la Santé et s'inscrire au registre national des ostéopathes (ADELI ou RPPS plus récemment).
Mais l'ostéopathe n'est pas un médecin. Il n'a pas le droit de prescrire des médicaments, d'établir un diagnostic au sens médical du terme, ni de réaliser des actes médicaux (ponctions, injections, imagerie, etc.).
Alors, qu'est-ce qu'il peut faire ?
L'ostéopathe est habilité à réaliser des actes de prévention, de dépistage et de traitement de troubles fonctionnels — c'est-à-dire des troubles qui ne relèvent pas d'une lésion organique diagnostiquée. Il est aussi formé à reconnaître ce qui dépasse son champ de compétence et à orienter le patient vers un médecin ou un spécialiste si nécessaire. Ce rôle de "filtre" et d'orientation est fondamental dans notre pratique quotidienne.
La nuance importante
Certains ostéopathes sont également médecins, kinésithérapeutes ou d'autres professionnels de santé qui ont ajouté l'ostéopathie à leur formation initiale. Dans ce cas, ils cumulent les deux titres et peuvent exercer les deux.
Chez moi, à Pavie, je suis ostéopathe exclusif (D.O.). Ma formation de 6 ans à temps plein m'a donné des bases solides en anatomie, physiologie, pathologie et diagnostic différentiel — mais je reste dans mon champ de compétence, et j'oriente vers un médecin ou autre professionnel de la santé dès que la situation le requiert.
5. L'ostéopathie est-elle une science reconnue ou une médecine douce ?
Sur le plan légal : une profession reconnue
En France, l'ostéopathie est une profession réglementée depuis 2002. Le titre est protégé, la formation est encadrée par le ministère de la Santé, et les praticiens sont inscrits sur un registre officiel. Ce n'est pas une médecine "parallèle" ou "alternative" au sens d'une pratique sans cadre — c'est une profession de la santé définie par la loi.
Sur le plan scientifique : une réalité complexe
C'est là que les choses se nuancent. L'ostéopathie n'est pas une "science" au même titre que la pharmacologie ou la chirurgie. Mais elle n'est pas non plus une pratique sans base. Voici où en est la recherche :
Pour les lombalgies communes et les cervicalgies mécaniques, les manipulations vertébrales ostéopathiques ont démontré une efficacité comparable aux traitements conventionnels dans plusieurs méta-analyses et recommandations de sociétés savantes (HAS en France, NICE au Royaume-Uni). Ce sont les indications les mieux documentées.
Pour d'autres indications (troubles digestifs fonctionnels, troubles du sommeil, coliques du nourrisson), les études existent mais sont moins nombreuses et de qualité variable. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'effet — c'est souvent parce que la recherche dans ce domaine est difficile et sous-financée.
Certains concepts traditionnels de l'ostéopathie (le "rythme cranio-sacré", par exemple) font l'objet de débats scientifiques intenses et manquent de validation solide.
Ma position personnelle
Je pratique une ostéopathie ancrée dans la neurophysiologie, la biomécanique et la biologie des fascias — deux domaines qui ont connu un essor considérable ces vingt dernières années. Les recherches sur le tissu fascial (par des équipes comme celle de Carla Stecco ou Robert Schleip), sur la neuroplasticité et sur les mécanismes centraux de la douleur apportent des bases scientifiques de plus en plus solides à beaucoup de ce que nous faisons.
L'ostéopathie n'est pas une foi. C'est une pratique clinique en construction, qui doit continuer à se confronter à la recherche — ce que je trouve stimulant.
6. Quelle est la différence entre l'ostéopathie structurelle, viscérale et crânienne ?
Quand on parle d'ostéopathie, on parle en réalité d'une discipline qui s'intéresse à l'ensemble du corps humain. Pour faciliter la compréhension — et l'enseignement — on distingue classiquement trois grands champs d'application. En pratique, un ostéopathe expérimenté peut les intègrer dans une même consultation sans les séparer.
L'ostéopathie structurelle : les articulations et les muscles
C'est souvent l'image que les gens ont de l'ostéopathe : quelqu'un qui manipule la colonne, les articulations, les muscles et les tendons. L'ostéopathie structurelle s'intéresse aux restrictions de mobilité articulaire, aux tensions musculaires chroniques, aux postures "déséquilibrées".
Les techniques sont diverses : manipulations à haute vélocité (les fameux "craquements"), techniques de thrust, mobilisations douces, techniques musculo-énergétiques (où le patient participe activement), techniques de tissu mou. C'est le domaine le plus étudié et le mieux documenté de l'ostéopathie.
Indications principales : lombalgies, cervicalgies, dorsalgies, douleurs articulaires périphériques (épaule, hanche, genou), entorses, séquelles de traumatismes.
L'ostéopathie viscérale : les organes
Moins connue du grand public, cette approche s'intéresse à la mobilité des organes internes. Chaque viscère — foie, estomac, intestins, reins, utérus, etc. — possède une mobilité propre dans la cavité abdominale ou thoracique. Cette mobilité est assurée par des fascias, des ligaments et des feuillets de tissu conjonctif qui les suspendent et les relient.
Quand un organe perd sa mobilité (suite à une opération, une inflammation, un stress chronique, une grossesse), il peut exercer des contraintes mécaniques sur les structures voisines — nerfs, vaisseaux, muscles du tronc — et générer des symptômes à distance.
En pratique, le travail viscéral est très doux : des pressions légères et précises, des mobilisations lentes. Ce n'est pas du massage abdominal. C'est un travail de test et de libération des tensions fasciales autour des organes.
Indications courantes : troubles digestifs fonctionnels, douleurs de dos persistantes avec composante digestive, séquelles de chirurgie abdominale, lombalgies chroniques résistantes.
L'ostéopathie crânienne : le crâne et le sacrum
C'est souvent le domaine le plus intriguant — et le plus controversé. L'ostéopathie crânienne (ou cranio-sacrée) repose sur l'idée que les os du crâne présentent de très légères micro-mobilités, et que le liquide céphalo-rachidien qui enveloppe le cerveau et la moelle épinière génère un rythme palpable, distinct du pouls ou de la respiration.
Les techniques crâniennes sont extrêmement douces — des pressions à quelques grammes — appliquées sur le crâne, la face ou le sacrum. C'est souvent une expérience de détente profonde pour le patient.
Ce champ est le plus débattu scientifiquement. La réalité du "rythme cranio-sacré" en tant qu'entité mesurable objectivement fait l'objet de controverses. Pour autant, l'approche crânienne produit des effets cliniques observables, notamment via une action sur le système nerveux autonome (le système qui régule notre niveau de stress et nos fonctions végétatives).
Indications : migraines, céphalées chroniques, troubles du sommeil, stress chronique, suites de traumatismes crâniens légers, nourrissons (plagiocéphalie, coliques, troubles du sommeil).
7. Qu'est-ce qu'un étiopathe par rapport à un ostéopathe ?
L'étiothérapie (ou étiopathie) est une discipline manuelle créée en France dans les années 1960 par Christian Trédaniel. C'est une approche qui mérite d'être expliquée honnêtement, car beaucoup de patients m'interrogent sur elle.
Qu'est-ce que l'étiopathie ?
Le mot vient du grec "aitia" (cause) et "therapeia" (traitement) — littéralement, "traitement par la cause". Le concept est proche de l'ostéopathie : chercher l'origine mécanique des troubles plutôt que de traiter les symptômes. Les étiopathes travaillent essentiellement sur la colonne vertébrale, les articulations et certaines structures viscérales.
Quelle est la différence avec l'ostéopathie ?
Sur le fond, les deux approches partagent une philosophie similaire : le corps comme système global, la primauté de la mobilité, la recherche de la cause. Les techniques peuvent se ressembler, notamment les manipulations vertébrales.
La différence principale est de nature réglementaire et institutionnelle. L'ostéopathie est reconnue par la loi française depuis 2002, encadrée par le ministère de la Santé, avec une formation de minimum 3 000 heures dans des établissements agréés. Les ostéopathes sont inscrits sur un registre officiel.
L'étiopathie, elle, n'est pas reconnue par l'État français comme profession de la santé. Les étiopathes ne bénéficient pas du titre protégé par la loi et ne sont pas inscrits sur les registres officiels de santé. Leur formation se fait dans des écoles privées non agréées par le ministère de la Santé.
Ce que ça signifie pour vous, patient
Consulter un étiopathe n'est pas illégal, et certains étiopathes sont des praticiens expérimentés qui obtiennent de très bons résultats. Mais en l'absence de reconnaissance officielle, vous n'avez pas les mêmes garanties sur la formation, le niveau de compétence ou le cadre de responsabilité. Les mutuelles qui remboursent de plus en plus l'ostéopathie ne remboursent pas forcement l'étiopathie.
En résumé : l'ostéopathie est une profession réglementée, l'étiopathie ne l'est pas. Si vous cherchez un cadre sécurisé et remboursable, optez pour un ostéopathe inscrit au registre officiel.
8. Comment savoir si un ostéopathe est diplômé et agréé (titre DO) ?
C'est une question essentielle — et malheureusement, tous les praticiens qui se présentent comme "ostéopathes" ne sont pas nécessairement diplômés dans les règles. Voici comment vérifier.
Le titre protégé D.O.
En France, le titre d'ostéopathe (et les lettres "D.O." pour Diplômé en Ostéopathie) est protégé par la loi depuis 2002. Seuls les praticiens ayant obtenu un diplôme reconnu par le ministère de la Santé peuvent utiliser ce titre. L'exercer sans diplôme valide est une infraction pénale.
Comment vérifier concrètement ?
La première chose à faire est de consulter le site Ameli.fr (l'Assurance Maladie) ou l'annuaire Santé.fr, le portail officiel du ministère de la Santé. Vous pouvez y rechercher n'importe quel professionnel de santé par nom et lieu d'exercice. Si l'ostéopathe y figure, c'est qu'il est bien inscrit dans le système officiel (numéro ADELI ou RPPS).
Vous pouvez également demander directement au praticien : — Le nom de l'école où il a obtenu son diplôme (elle doit être agréée par le ministère de la Santé). — Son numéro ADELI (le numéro d'identification des professionnels de santé).
Un professionnel sérieux répondra à ces questions sans hésiter.
Les signes qui doivent alerter
Méfiez-vous d'un praticien qui ne peut pas vous citer l'école où il a été formé, qui n'a pas de numéro ADELI, qui utilise des titres non reconnus ("ostéopathe holistique", "ostéopathe énergétique" sans autre précision ou pire, "ostéothérapeute"), ou qui propose des traitements sur des pathologies graves sans vous orienter vers un médecin.
Une formation de 5 ans à temps plein
Depuis 2014, la formation initiale en ostéopathie est de 5 ans à temps plein (environ 4 860 heures de formation), avec des stages cliniques obligatoires. C'est une formation sérieuse, exigeante, qui couvre l'anatomie, la physiologie, la pathologie médicale, le diagnostic différentiel et bien sûr les techniques ostéopathiques.
Pour ma part, je suis diplômé et inscrit au registre officiel. Vous pouvez vérifier mon existence sur Santé.fr en cherchant mon nom à Pavie (Gers).
9. Pourquoi l'ostéopathe touche-t-il le crâne ou le ventre pour un mal de dos ?
C'est l'une des questions qui revient le plus souvent après une première séance : "Je viens pour mon dos, et vous me touchez le ventre — c'est normal ?" Oui, c'est normal. Et je vais vous expliquer pourquoi.
Le corps n'est pas un assemblage de pièces détachées
La médecine conventionnelle — par nécessité de spécialisation — a tendance à découper le corps en systèmes : ostéo-articulaire, digestif, nerveux, cardiovasculaire. C'est utile pour le diagnostic et le traitement ciblé. Mais dans la réalité anatomique, tout est connecté.
Le fascia — ce tissu conjonctif qui enveloppe muscles, organes, nerfs et vaisseaux — forme un réseau continu de la tête aux pieds. Une tension dans ce réseau à un endroit peut se transmettre et générer des contraintes à distance. Les recherches récentes en anatomie fasciale (notamment les travaux de l'anatomiste Carla Stecco) confirment cette continuité structurelle.
Le ventre et le dos : une connexion réelle
Le psoas est un exemple parfait. Ce muscle profond s'attache sur les vertèbres lombaires d'un côté et sur le fémur (l'os de la cuisse) de l'autre. Il traverse l'abdomen, passe derrière les reins, et est en contact direct avec le colon, le rein, l'uretère et plusieurs structures vasculaires. Un intestin irritable chronique peut provoquer des tensions dans le psoas — et donc des lombalgies.
De même, le diaphragme est attaché à la fois aux vertèbres lombaires (piliers du diaphragme) et aux côtes. Un diaphragme tendu, suite à un stress chronique ou des problèmes digestifs, peut être une source directe de douleurs dorsales ou lombaires.
Quand je travaille sur votre ventre pour votre dos, je cherche à libérer ces tensions viscérales qui entretiennent la douleur — et que les traitements purement vertébraux n'atteignent pas.
Et le crâne ?
Le crâne et le sacrum sont reliés par les méninges (les enveloppes du cerveau et de la moelle épinière). Une tension dans les méninges cervicales peut générer des contraintes sur la colonne dans sa globalité.
De plus, plusieurs nerfs crâniens jouent un rôle important dans la régulation du système nerveux autonome — notamment le nerf vague, qui innerve le cœur, les poumons et la quasi-totalité des viscères abdominaux. Travailler sur le crâne, c'est aussi travailler sur le système nerveux autonome, sur le niveau de tension général de l'organisme, sur la capacité du corps à "se déstresser".
Si votre douleur de dos est entretenue par un état de tension chronique, un travail crânien peut avoir des effets sur toute la chaîne musculaire postérieure.
En résumé
Quand je m'éloigne de votre zone douloureuse, ce n'est pas que je l'ignore. C'est que j'ai trouvé, en amont de votre motif de consultation, une restriction qui participe à entretenir votre problème. Traiter uniquement le symptôme, c'est souvent condamner la personne à revenir tous les trois mois pour le même problème.
10. Quels sont les dangers ou les risques de l'ostéopathie ?
Je préfère répondre à cette question de façon honnête plutôt que de vous dire "l'ostéopathie c'est doux et sans danger" — ce serait vous mentir par omission. Comme tout acte thérapeutique, l'ostéopathie comporte des effets indésirables possibles. Voici l'état réel des choses.
Les effets indésirables bénins et fréquents
Après une séance, il est possible de ressentir un peu de fatigue, une légère recrudescence de la douleur pendant 24 à 48 heures, ou une sensation de "courbatures". C'est ce qu'on appelle une réaction post-traitement. Le corps vient de recevoir des informations nouvelles, il réorganise ses tensions. Ces effets sont transitoires et disparaissent généralement en 2 à 3 jours.
Dans une large étude européenne (Carnes et al., 2010), environ 30 à 40% des patients décrivent des effets indésirables légers à modérés après une manipulation ostéopathique, résolus spontanément en 24 à 72 heures.
Les risques rares mais sérieux
Les complications graves sont rares, mais elles existent et il serait malhonnête de ne pas les mentionner.
Le risque le plus médiatisé concerne les manipulations cervicales (du cou) et leur lien possible avec la dissection de l'artère vertébrale — une déchirure de la paroi d'une artère qui irrigue le cerveau, pouvant entraîner un AVC. Ce risque est extrêmement faible (estimé entre 1 cas pour 100 000 à 1 cas pour plusieurs millions de manipulations selon les études), mais réel. C'est pourquoi de nombreux ostéopathes, dont moi, privilégient des techniques cervicales douces (sans thrust haute vélocité) chez les patients qui présentent des risques.
D'autres complications rares incluent des fractures chez des patients ostéoporotiques non diagnostiqués, ou des aggravations de pathologies discales importantes.
Les contre-indications absolues
Un ostéopathe formé connaît les situations où il ne faut pas manipuler. Ce sont les "contre-indications absolues" : fracture récente, tumeur osseuse, infection vertébrale, anévrisme aortique connu, coagulation sévèrement altérée (anticoagulants à forte dose), etc. Un bon entretien initial permet de les dépister. Si j'ai le moindre doute, je vous oriente vers un médecin avant de commencer.
Ce qui réduit les risques
Le premier facteur de sécurité, c'est la formation du praticien. Un ostéopathe D.O. formé en 5 ans a reçu plusieurs centaines d'heures de formation en anatomie, pathologie et diagnostic différentiel, précisément pour identifier ce qui relève de l'ostéopathie et ce qui doit être adressé au médecin.
Le deuxième facteur, c'est la communication. Dites-moi tout : vos antécédents, vos traitements en cours, vos peurs. Une manipulation n'est jamais réalisée sans votre accord, et il existe toujours des alternatives techniques plus douces si nécessaire.
L'ostéopathie est sûre lorsqu'elle est pratiquée par un professionnel qualifié, qui sait ce qu'il fait et sait surtout ce qu'il ne doit pas faire.
Sylvain — Ostéopathe D.O. à Pavie (Gers), proche de Auch. Consultations du lundi au samedi. Prise en charge des adultes, sportifs, femmes enceintes et nourrissons.
Sylvain Granier Ostéopathe
1 rue Marie Curie, 32550 Pavie
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