Mal de dos : pourquoi le réflexe « anti‑inflammatoire » n’est plus la solution (et quoi faire à la place)

Mal de dos, lombalgie, anti-inflammatoires : découvrez pourquoi les médicaments ne sont plus la solution recommandée et quelles alternatives efficaces, basées sur le mouvement et l’ostéopathie, sont aujourd’hui privilégiées pour soulager durablement les maux de dos.

Sylvain Granier

2/10/20264 min read

Le mal de dos est souvent présenté comme le mal du siècle. Et pour cause : près de 8 personnes sur 10 souffrent ou souffriront de maux de dos au cours de leur vie. Lombalgie, lumbago, douleur en bas du dos, dos bloqué… quel que soit le terme employé, le scénario est souvent le même.

Une douleur apparaît, parfois brutalement, et le premier réflexe consiste à se tourner vers les anti‑inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou le kétoprofène. Pendant des années, cette réponse a été considérée comme logique, presque automatique.

Pourtant, les recommandations officielles ont profondément évolué. Aujourd’hui, les autorités de santé remettent clairement en question l’utilisation systématique des anti‑inflammatoires dans le traitement du mal de dos.

Anti‑inflammatoires et mal de dos : une solution trompeuse

Les AINS agissent principalement sur les symptômes. Ils diminuent l’inflammation et atténuent la douleur, ce qui peut donner l’impression que le problème est réglé. En réalité, ils fonctionnent comme un cache‑misère.

Dans la majorité des lombalgies dites « communes », la douleur n’est pas liée à une lésion grave, mais à un dysfonctionnement mécanique : perte de mobilité articulaire, tensions musculaires persistantes, déséquilibre postural ou surcharge liée au stress, fatigue chronique, troubles du sommeil... Le médicament calme le signal douloureux sans corriger la cause.

Résultat : dès l’arrêt du traitement, la douleur réapparaît. Parfois même plus rapidement, car le corps n’a pas eu l’occasion de s’adapter ou de récupérer correctement.

À cela s’ajoute un second problème, bien documenté : les effets secondaires. Une prise répétée ou prolongée d’anti‑inflammatoires augmente le risque de troubles digestifs (brûlures, gastrites, ulcères), d’atteintes rénales et de complications cardiovasculaires. Ces risques sont d’autant plus marqués que la prise est banalisée.

Les données scientifiques récentes montrent d’ailleurs que, pour le mal de dos non spécifique, l’efficacité des AINS est faible, parfois à peine supérieure à celle d’un placebo, alors que leurs effets indésirables sont, eux, bien réels.

Ce que disent aujourd’hui les recommandations officielles

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a clairement modifié son discours concernant la prise en charge de la lombalgie.

Le message central est simple : le traitement de première intention du mal de dos ne doit plus être médicamenteux, mais actif. Autrement dit, le mouvement doit être privilégié, et le repos strict ou la médicalisation excessive évités.

L’objectif est double :

  • favoriser un retour rapide à l’activité normale,

  • limiter le risque de chronicisation de la douleur.

Dans ce cadre, les approches non médicamenteuses, et en particulier les thérapies manuelles, occupent une place centrale.

L’ostéopathie : une approche cohérente avec la science actuelle

Contrairement à une idée reçue, l’ostéopathie ne se résume pas à « faire craquer le dos ». Elle repose sur une analyse globale du corps et sur la restauration de la mobilité des tissus.

Lors d’une consultation, l’ostéopathe cherche à comprendre pourquoi la zone douloureuse est en surcharge. Il peut s’agir d’un blocage articulaire, de tensions musculaires profondes, d’un déséquilibre entre différentes régions du corps ou encore d’une adaptation liée au stress ou à un mode de vie trop sédentaire.

Le travail manuel permet alors de :

  • redonner de la mobilité aux segments vertébraux et aux articulations,

  • diminuer les tensions musculaires et ligamentaires,

  • améliorer la capacité du corps à s’autoréguler.

Cette approche s’inscrit pleinement dans les recommandations actuelles : elle favorise le mouvement, respecte la physiologie et vise des résultats durables plutôt qu’un simple soulagement temporaire.

Mal de dos : comment devenir acteur de votre récupération

Au‑delà de la consultation, certains leviers simples permettent d’agir concrètement sur les douleurs du dos et de réduire le risque de récidive.

1. Introduire des micro‑pauses actives

La position assise prolongée est l’un des principaux facteurs de lombalgie. Toutes les 60 minutes, se lever, marcher quelques pas et mobiliser les hanches permet de réduire la pression sur la colonne lombaire. Un étirement doux des fléchisseurs de hanche, notamment du psoas, peut soulager rapidement les tensions accumulées.

2. Soigner son hydratation

Les disques intervertébraux jouent un rôle d’amortisseur. Leur bon fonctionnement dépend en grande partie de leur hydratation. Une consommation quotidienne d’environ 1,5 litre d’eau contribue à préserver leur élasticité et leur résistance aux contraintes mécaniques.

3. Agir sur le stress par la respiration

Le stress chronique entraîne une contraction réflexe des muscles profonds du dos. La cohérence cardiaque, pratiquée quelques minutes par jour, permet de diminuer le niveau de cortisol et de relâcher ces tensions inconscientes, souvent impliquées dans les douleurs persistantes.

En conclusion : changer de stratégie face au mal de dos

Le mal de dos n’est pas un ennemi à faire taire à coups d’anti‑inflammatoires. C’est un signal que le corps envoie lorsqu’un équilibre est rompu.

Aujourd’hui, la science et les recommandations officielles convergent vers un même message : bouger, comprendre et traiter la cause plutôt que masquer le symptôme. L’ostéopathie, intégrée dans une prise en charge globale, constitue une réponse cohérente, respectueuse du corps et orientée vers le long terme.

Prendre soin de sa mobilité, c’est investir dans la durée, plutôt que dans un soulagement éphémère.

Cet article est informatif. En cas de douleur intense, persistante ou associée à de la fièvre, une perte de sensibilité ou de force, un avis médical est indispensable.